gog et magog c'est ajouj et majouj qui se trouve aussi dans le coran???
Par Jean-Louis Denier, journaliste. L'offensive militaire américaine en Irak, bien que présentée comme une lutte pour la démocratie, a été initiée pour de tout autres raisons : le pétrole, le contrôle géopolitique, mais surtout la relance de l'économie américaine !
Rarement campagne militaire ne fut précédée de tant de mensonges, propagande, manipulation des personnes, des institutions (dont l'ONU) et des médias, de menaces contre les opposants à la guerre. La Maison Blanche présenta dés 2002 une version officielle afin de légitimer l'invasion/occupation à venir de l'Irak. Deux arguments principaux étaient avancés.
Le premier tenait à la sécurité nationale. Suite aux attaques du 11 septembre 2001, il était «prouvé» que Saddam Hussein était le complice d'Oussama Ben Laden, les armes de destruction massive en plus. Il convenait donc de neutraliser cette menace et, en filigrane, de venger la destruction du World Trade Center.
Le second visait à remodeler le Moyen-Orient en y exportant la démocratie - selon le modèle américain - et en l'imposant, même par la force. George W. Bush n'hésitait pas à déclarer :«Tant que le Proche-Orient restera en proie à la tyrannie, au désespoir, à la colère, il continuera à engendrer des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité de l'Amérique et de ses amis (...) nous allons défier les ennemis de la réforme».
La chute de Saddam Hussein était ainsi présentée comme la première cible parmi les «méchants» de la zone. Les peuples, ébahis par l'instauration d'un Irak démocratique, se révolteraient contre leurs maîtres avec l'appui bienveillant de l'Amérique. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes néoconservateurs possible, d'autant que les vraies motivations de l'opération Iraqi Freedom demeuraient soigneusement dissimulées.
Quatre raisons inavouables d'envahir l'Irak
1- L'argent. Pour son malheur, l'Irak avait un sous-sol dont les richesses devaient être contrôlées d'une façon ou d'une autre, même en maquillant cela sous la forme d'un partenariat économique et technologique motivé par les nécessités de la reconstruction de l'après-Saddam. Par ailleurs, appliquant la fameuse question : «qui t'a fait roi ?», Bush jr. se devait de récompenser - ou plus exactement rembourser - ses amis politiques, ces bataillons de généreux donateurs qui avaient financé sa campagne électorale et son élection à coup de millions de dollars. Pour cette raison, contrats militaires et civils, aux USA comme en Irak, tomberaient bientôt dans les escarcelles de ces grandes entreprises et groupes qui avaient su investir judicieusement dans cet excellent Président...
2- Le contrôle géographique d'un espace stratégique – Pour son malheur encore, l'Irak occupait une position «centrale» au Moyen Orient. Bordé par la Turquie au Nord, par la Syrie et la Jordanie à l'Ouest, par l'Iran à l'Est, et par l'Arabie Saoudite et le Koweït au Sud, il présentait l'avantage, une fois occupé, de fournir une plate-forme de man½uvres et d'intervention tous azimuts. Ce qui permettait d'abord de menacer les régimes iraniens et syriens, ensuite de couvrir les amis jordaniens et israéliens, et enfin de convaincre le royaume saoudien, suspecté d'entente avec les milieux intégristes, de continuer à se comporter en bon allié en exerçant un chantage sur lui. Les bases sur territoire saoudien devenant moins nécessaires une fois les USA installés en Irak, la technologie US étant toujours indispensable pour maintenir le régime saoudien en place.
3- La stimulation de l'activité économique. Malgré tout le génie déployé par Alan Greenspan pour favoriser et entretenir la croissance américaine par le biais du crédit facile (on réalise seulement maintenant les limites de la formule), les autorités américaines étaient parfaitement conscientes dès 2003 du caractère artificiel de la méthode. Reprenant l'idée quasi keynésienne, répandue chez certains économistes, selon laquelle la guerre favoriserait l'activité économique – l'augmentation des dépenses militaires entraînant croissance et production de valeur excédant le niveau de la dépense – le conflit irakien offrait ainsi des perspectives intéressantes de maintien d'une croissance vigoureuse.
4- L'opportunité. Pour son malheur,l'Irak était doté d'une armée affaiblie après l'hémorragie de la première guerre du Golfe, notamment dénuée d'une aviation de combat.L'armée américaine avait ainsi l'assurance, avant même le déclenchement de la guerre, d'avoir la maîtrise absolue du ciel.
L'Irak était alors une proie plus que tentante.
Sauf que la résistance, rapidement prise en charge par Al-Qaïda, est désormais un sérieux caillou dans la chaussure américaine, multipliant les attaques suicides et mobilisant, aussi bien militairement que médiatiquement l'attention des américains sur l'Irak.
Retrouvez ici le premier volet de l'analyse par Jean-Louis Denier du conflit irakien.
Jeudi 27 Mars 2008 - 00:05
Jean-Louis Denier
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